Mal de dos

Lumbago ou sciatique: faut-il aller chez l’ostéo?

Le lendemain d’un déménagement ou d’une journée de jardinage, ou après avoir soulevé une charge trop lourde, vous ressentez une vive douleur dans le bas du dos et vous pouvez à peine bouger. Votre premier réflexe est peut-être de consulter un ostéopathe pour qu’il débloque votre dos… Mais si vous avez très mal, c’est trop tôt ! Le plus souvent, cela ne fera qu’aggraver la situation. Il faut d’abord voir un médecin pour faire un diagnostic précis et définir d’où vient la douleur. Est-ce une simple lombalgie, le fameux lumbago ou tour de rein ? Ou une vraie sciatique, appelée aussi lombosciatique, dix fois moins fréquente ?

Mal de dos: en cas de sciatique, pas de manipulation «à chaud»

« Si la douleur est très vive, comme une décharge électrique, si elle part du bas du dos et descend dans la fesse, la jambe et jusqu’aux orteils, c’est sans doute une sciatique, précise le Pr Philippe Vautravers. La racine du nerf sciatique est comprimée, le plus souvent par une hernie discale ou, à partir de 50 ans, par l’arthrose ou un canal lombaire étroit. » L’examen clinique (et parfois un scanner) permettra de s’en assurer et de vérifier si la chirurgie est nécessaire.

« Tant qu’on est complètement bloqué, il ne faut surtout pas forcer le mouvement. En attendant, des techniques musculaires douces et des massages peuvent faire du bien », poursuit notre expert. La douleur peut alors immobiliser des semaines. Il faut attendre qu’elle soit moins vive – souvent au bout de deux à trois mois de repos et d’antalgiques – pour commencer les manipulations vertébrales. Celles-ci sont possibles seulement si trois mouvements sur six au moins sont libres : flexion/extension, rotation droite/rotation gauche, inclinaison droite/inclinaison gauche.

Mal de dos: c’est un lumbago ? l’ostéopathie est plus efficace

Pour une « simple » lombalgie, le traitement est le même que pour une sciatique : repos et antalgiques. Mais on peut aller chez l’ostéopathe plus tôt. Selon une étude allemande récente, l’ostéopathie serait plus efficace que les anti-inflammatoires pour soulager les lombalgies aiguës. Comme pour la sciatique, il faut généralement prévoir trois à cinq séances de 20 à 30 minutes, espacées de quatre ou cinq jours chacune. Après, on s’arrête : il a été montré qu’en faire plus n’a pas d’intérêt. Donc, si on vous propose de venir pendant des mois, méfiance !

Mais s’il n’y a pas d’amélioration (ou pire, si la douleur augmente après les séances), mieux vaut arrêter tout de suite. Plus de la moitié des lombalgies et des sciatiques évoluent favorablement en deux à trois mois, grâce au repos et aux antalgiques. Néanmoins, l’ostéopathie, qui présente très peu de complications (un accident pour près de 3,7 millions de manipulations), permet le plus souvent de soulager la douleur un peu plus rapidement…

 

Après un épisode de lombalgie ou de sciatique, certaines précautions s’imposent. En effet, si près de 95 % des lombalgies aiguës guérissent en quelques jours, un tiers récidivent dans l’année. L’ostéopathie n’a pas fait ses preuves en prévention des récidives. En revanche, des séances de kinésithérapie et des exercices de gymnastique à la maison sont souvent recommandés. Il est important de renforcer sa sangle abdominale, d’éviter les « mauvais mouvements » et de corriger un éventuel surpoids.

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